La question de qu'est-ce que l'IA Act revient de plus en plus souvent chez les dirigeants et responsables juridiques qui entendent parler de cette réglementation sans encore savoir ce qu'elle implique concrètement pour leur entreprise. L'IA Act est le premier cadre réglementaire mondial dédié à l'intelligence artificielle. Adopté par l'Union européenne, il s'applique à toutes les entreprises qui utilisent, développent, importent ou distribuent des systèmes d'IA sur le marché européen, quelle que soit leur taille et quel que soit leur pays d'établissement. L'objectif est d'encadrer les usages de l'IA selon le niveau de risque qu'ils représentent pour les personnes. Pour les entreprises déjà engagées dans une démarche de conformité RGPD, l'IA Act s'inscrit dans la continuité directe de ce travail.
L'EU AI Act classe les systèmes d'intelligence artificielle en quatre niveaux de risque. Le risque inacceptable concerne les usages interdits : manipulation comportementale, notation sociale, reconnaissance faciale en temps réel dans les espaces publics. Le risque élevé touche des secteurs comme l'éducation, l'emploi, les services essentiels, la justice et la sécurité. Ces systèmes font l'objet d'obligations strictes : documentation technique, évaluation de conformité, enregistrement dans une base de données européenne. Le risque limité implique des obligations de transparence, notamment informer les utilisateurs qu'ils interagissent avec un système d'IA. Le risque minimal, enfin, couvre la majorité des usages courants comme les filtres anti-spam ou les systèmes de recommandation, qui ne font l'objet d'aucune obligation spécifique. Comprendre dans quelle catégorie se situe chaque système utilisé par votre entreprise est le point de départ d'une bonne gestion de la conformité RGPD intelligence artificielle.
La réglementation intelligence artificielle s'applique de façon progressive, avec des échéances échelonnées entre 2024 et 2027. Les premières obligations, portant sur les systèmes à risque inacceptable, sont entrées en vigueur dès février 2025. Les obligations relatives aux systèmes à risque élevé s'appliqueront progressivement jusqu'en août 2026 pour la plupart des secteurs. Attendre que toutes les échéances soient passées pour agir revient à gérer plusieurs chantiers simultanément dans l'urgence. Anticiper dès maintenant permet de traiter les obligations par étapes, sans pression de dernière minute.
