Un site vitrine ou de services collecte des données personnelles dès qu'il affiche un formulaire, mesure son audience ou envoie une lettre d'information. Le RGPD s'applique donc à presque tous les sites professionnels.
La plupart des contenus consacrés au RGPD site internet s'arrêtent au bandeau cookies et à la politique de confidentialité. Ces deux points arrivent pourtant au milieu du parcours : avant eux, il faut savoir ce que le site collecte et sur quel fondement ; après eux restent la sécurité, les prestataires, les droits et le registre.
Ce guide suit l'ordre dans lequel un dirigeant mène cette mise en conformité, en huit étapes.
Chapitre 01 — 1. Inventaire des collectes
Étape 1 : inventorier tout ce que le site collecte
La première étape consiste à lister tout ce que le site collecte, directement ou par un outil tiers. Sur un site vitrine ou de services, les points de collecte habituels sont les formulaires (contact, devis, candidature, rendez-vous), la lettre d'information, la mesure d'audience et les autres traceurs, le module de discussion, l'espace client et les journaux de connexion conservés par l'hébergeur.
- 1Parcourir — Ouvrez chaque page et notez chaque champ qui demande une information sur une personne.
- 2Lister les outils — Relevez les extensions, scripts et services tiers chargés par le site, avec l'aide du prestataire technique.
- 3Qualifier — Pour chaque collecte, notez la finalité, les données recueillies, qui y accède et la durée de conservation.
- 4Consolider — Rassemblez ces lignes dans un tableau : il deviendra votre registre.
Chapitre 02 — 2. Base légale
Étape 2 : fixer une base légale pour chaque collecte
Chaque collecte doit reposer sur l'un des fondements de l'article 6 du règlement 2016/679. Quatre d'entre eux couvrent presque tous les cas d'un site vitrine ou de services : consentement, contrat ou mesures précontractuelles, obligation légale, intérêt légitime. Le choix se fait collecte par collecte. Les traceurs non indispensables obéissent à une règle propre : le consentement exigé par l'article 82 de la loi Informatique et Libertés, présenté par la CNIL.
| Collecte | Base légale habituelle | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Formulaire de contact ou de devis | Mesures précontractuelles ou intérêt légitime | Ne demander que les champs utiles à la réponse |
| Lettre d'information | Consentement | Case non précochée, désinscription à tout moment |
| Mesure d'audience | Consentement, sauf outil configuré selon l'exemption CNIL | Vérifier la configuration réelle de l'outil |
| Journaux de connexion | Intérêt légitime (sécurité) | Durée de conservation limitée et documentée |
Chapitre 03 — 3. Information
Étape 3 : informer les personnes (article 13)
L'article 13 du RGPD liste les informations à fournir au moment de la collecte : identité et coordonnées du responsable du traitement, finalités et base légale, destinataires, transferts hors Union européenne, durées de conservation, droits des personnes et possibilité de saisir la CNIL.
Sur un site, cette information se fait à deux niveaux : une mention courte sous chaque formulaire, et la politique de confidentialité, qui reprend les mentions de l'article 13 pour chaque collecte inventoriée. Sa rédaction est détaillée dans l'article mentions légales et RGPD.
La politique se rédige après l'inventaire et le choix des bases légales. Un écart entre ce qu'elle annonce et ce que le site fait est un constat fréquent lors d'un audit RGPD site internet : un outil ajouté par l'agence, et la page n'a pas suivi.
Chapitre 05 — 5. Sécurité et prestataires
Étape 5 : sécurité, hébergeur, sous-traitants et transferts
L'article 32 du RGPD impose des mesures techniques et organisationnelles appropriées au risque. Pour le volet technique du RGPD site internet, la CNIL décrit des précautions élémentaires :
- chiffrer tous les échanges avec TLS 1.2 ou 1.3 ;
- protéger les comptes d'administration par des mots de passe robustes et retirer les accès obsolètes ;
- installer sans délai les mises à jour critiques du CMS et de ses extensions ;
- sauvegarder régulièrement, de façon chiffrée, et ne jamais stocker un mot de passe en clair.
Hébergeur, agence, outils tiers : quelles obligations ?
Tout prestataire qui traite des données pour votre compte (hébergeur, agence, outil d'envoi de lettres d'information ou de discussion) est un sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD. Un contrat écrit doit préciser l'objet, la durée, la nature des traitements et les obligations de sécurité : vérifiez que l'accord de traitement de chaque outil les contient.
Si un prestataire stocke ou consulte les données hors de l'Union européenne, le chapitre V du RGPD s'applique : décision d'adéquation de la Commission européenne ou, à défaut, garanties appropriées, le plus souvent les clauses contractuelles types, comme l'explique la CNIL. Notez la localisation des serveurs.
Chapitre 06 — 6. Droits des personnes
Étape 6 : organiser l'exercice des droits
Toute personne peut demander l'accès à ses données, leur rectification ou leur effacement. L'article 12 du RGPD impose une réponse dans un délai d'un mois à compter de la demande, prolongeable de deux mois en cas de complexité, à condition d'en informer la personne. Trois dispositions suffisent :
- une adresse de contact dédiée, indiquée dans la politique de confidentialité, et une personne qui la relève ;
- une procédure courte : vérifier l'identité si nécessaire, retrouver les données dans chaque outil, répondre et garder une trace ;
- un lien de désinscription dans chaque lettre d'information, fonctionnant sans connexion à un compte.
Testez la procédure en envoyant vous-même une demande d'accès depuis une adresse personnelle. Une conformité RGPD site web se juge aussi à cette capacité de réponse.
Chapitre 07 — 7. Registre et contrôle
Étapes 7 et 8 : tenir le registre et contrôler le résultat
Le registre prévu à l'article 30 du RGPD réunit ce que les étapes précédentes ont produit : finalités, données, destinataires, durées de conservation et description générale des mesures de sécurité. L'article 30 dispense les organismes de moins de 250 salariés d'une partie de cette obligation, mais pas pour les traitements non occasionnels, dont relèvent les formulaires d'un site. Le registre reste donc à tenir, comme le précise la CNIL, qui fournit un modèle, et à mettre à jour à chaque ajout d'outil.
Liste de contrôle avant de clore le chantier
Cette liste de contrôle RGPD site internet reprend les huit étapes ; chaque point coché doit pouvoir être prouvé par un document ou une capture d'écran.
Inventaire, bases légales, information
Sécurité, prestataires, droits, registre
À retenir
- La conformité d'un site commence par l'inventaire des collectes.
- La base légale se choisit collecte par collecte ; la politique de confidentialité se rédige ensuite.
- Hébergeur, agence et outils tiers sont des sous-traitants : contrat et localisation des données à vérifier.
- Une demande d'exercice des droits se traite en un mois ; le registre réunit le tout.
Mené dans cet ordre, un parcours RGPD site internet produit les documents que la CNIL recommande sur sa page RGPD : par où commencer.
Définitions utiles
Tout le lexique RGPD- CNILLa CNIL, Commission nationale de l'informatique et des libertés, est l'autorité administrative indépendante chargée en France de veiller à la protection des données personnelles. Elle conseille, contrôle et sanctionne.
- CookieUn cookie est un petit fichier déposé sur l'ordinateur ou le téléphone d'un internaute lorsqu'il consulte un site. Sauf s'il est strictement nécessaire au service, il ne peut être déposé ou lu qu'avec le consentement préalable de l'internaute.
- Base légaleLa base légale est le fondement juridique qui autorise un traitement de données personnelles. Le RGPD en prévoit six : consentement, contrat, obligation légale, intérêts vitaux, mission d'intérêt public et intérêt légitime.
- Registre des traitementsLe registre des traitements est le document, tenu par écrit, qui recense l'ensemble des traitements de données personnelles d'un organisme : finalités, catégories de données et de personnes, destinataires, durées de conservation et mesures de sécurité.
- ConsentementLe consentement est une manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée et univoque par laquelle une personne accepte, par une déclaration ou un acte positif clair, que ses données personnelles soient traitées.
- Politique de confidentialitéLa politique de confidentialité est le document, généralement publié sur un site internet, qui explique de manière complète comment un organisme collecte, utilise, partage et protège les données personnelles, et comment exercer ses droits.
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